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Interview Trevor Hall, directeur du Centre de recherche en photonique à l’Université d’Ottawa

"La recherche menée par Télécom Bretagne se place à un niveau international"

Trevor HallLe chercheur britannique Trevor Hall, directeur du Centre de recherche en photonique à l’Université d’Ottawa (Canada), a rejoint Télécom Bretagne le 1er juillet 2010. Son projet de recherche s'inscrit dans le cadre du réseau thématique  SISCom-Bretagne, (Sciences de l'Information et de la Communication au Service des TéléCommunications et de leurs applications). Trevor Hall devient ainsi le cinquième scientifique titulaire d'une chaire internationale UEB.

Vous allez rester à Brest pendant un an. A quelques jours de quitter le Canada, comment vous sentez-vous ?

Je trépide à l’idée de quitter un monde familier pour un monde inconnu. Je ressens aussi une excitation à l’idée de commencer une nouvelle aventure.

 C’est la première fois que vous séjournez en France ?

C’est la première fois que je vais vivre en France pour une longue durée. J’y ai déjà séjourné à plusieurs reprises, pour quelques jours, à Paris, Strasbourg, Brest, Toulon, Cannes… Nous avions également l’habitude de passer nos vacances avec ma femme dans un village près de Boulogne.

Pourquoi avez-vous choisi la Bretagne, et plus précisément Brest ?

Mes relations avec Telecom Bretagne remontent à une vingtaine d’années. J’ai rendu visite à cet établissement à de nombreuses reprises, une fois en tant que jury de thèse et dernièrement afin de mettre en place un agenda de recherche collaboratif. En 1996, j’ai également partagé un bureau avec le professeur Jean-Louis de Bougrenet de la Tocnaye (chef du département Optique à Télécom Bretagne), à l’Université de Cambridge.

En tant que Britannique exilé au Canda, le fait de retrouver la campagne brestoise me fait très plaisir car les paysages sont très ressemblants de ceux de l’Angleterre. C’est d’ailleurs pour cela que le film Tess, de Roman Polanski, dont l’histoire se déroule dans la campagne anglaise avait été tourné dans la région brestoise !

La Bretagne est-elle réputée pour sa recherche au niveau international ?

Je connais surtout la recherche menée par Télécom Bretagne dans le domaine des technologies optiques et micro-ondes. Dans ce secteur, la Bretagne se situe clairement à un niveau international. La région bénéficie également de la proximité de nombreuses entreprises, petites et grandes, spécialisées dans les technologies de l’information et de la communication.  D’ailleurs Télécom Bretagne est partenaire avec un grand nombre d’entre elles dans le cadre de projets de recherche collaborative. Cette force régionale favorise la participation de la Bretagne à des projets à échelle nationale et européenne. J’ai vraiment hâte d’interagir avec des chercheurs reconnus pour leurs travaux en matière de réseaux d'accès et métropolitain optiques et de photonique micro-onde.

Quels résultats attendez-vous de votre séjour en France ? Quels sont vos objectifs ?

Ma recherche concerne les technologies photoniques pour les réseaux à impact environnemental réduit dites « technologies vertes ». L’objectif majeur de cette recherche est de promouvoir l’égalité en termes d’accès à l’information, en développant, à un prix abordable, l’Internet haut-débit, tout en contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, il faut réduire de manière radicale la consommation énergétique des technologies réseau, en utilisant, quand c’est approprié, l’énergie solaire.

La chaire SISCOM ira au-delà de ces objectifs globaux en menant des études sur les réseaux WIFI et les réseaux d'accès fibrés. La consommation énergétique des réseaux WIFI est un vrai challenge. Nous espérons qu’en utilisant la fibre optique pour acheminer les signaux WIFI, la consommation énergétique sera largement réduite. Ces économies d’énergie doivent être quantifiées et de nouvelles règles respectueuses de la consommation énergétique devront être mises en place.

De plus, de nouvelles composantes, à plus bas prix, doivent être développées. Je suis en train de développer un nouveau laser à rétroaction distribuée à couplage latéral. Le laser peut être intégré à des sous-systèmes sur une puce électronique et de cette manière pourra mener à une économie de fabrication de masse à bas coût. Je suis tout particulièrement intéressé par son potentiel en tant que source compacte et accordable pour la génération de porteuses à ondes millimétriques (par battement de deux modes laser). Un objectif majeur consistera à développer des modèles dynamiques de ce laser afin de prédire ses performances en termes de bruit qui sont critiques vis-à-vis des applications sans fil.

Propos recueillis et traduits par Kate Stent (UEB), avec l’aide de Frédéric Lucarz, ingénieur en télécommunications à Télécom Bretagne.

Les chaires internationales de l'UEB en textes et en vidéos.