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Les 8 écoles doctorales

Thomas Procureur, 26 ans, doctorant SHOS. En deuxième année de thèse, Sciences politiques.

En évoquant son travail de recherche, Thomas Procureur n’hésite pas à parler de « jouissance ».  Représentant des doctorants au conseil de l’Ecole doctorale SHOS, il nous parle de son parcours, mais aussi des changements en cours dans le domaine de la recherche…

« Grâce aux écoles doctorales, je pense que le doctorat gagnera en visibilité dans les années à venir. Ces écoles ont plusieurs missions : informer les étudiants de M1 et de M2 sur le travail de recherche, proposer des formations aux doctorants, informer sur les financements possibles, préparer les doctorants à l’après-thèse… Mais pour le moment les écoles doctorales ne sont pas entrées dans les mœurs, elles doivent d’abord trouver leur place entre les universités, les unités de recherche, les laboratoires…

Quand j’ai intégré l’Institut d’études politiques (IEP) de Rennes, j’avais déjà hâte d’être en 4e année pour faire mon mémoire. Le fait de choisir un sujet, de le prendre, de le comprendre et de le creuser est un travail jouissif. La recherche est pour moi synonyme de curiosité intellectuelle, c’est ce qui pousse le chercheur aussi loin dans sa réflexion.

Durant ma première année de thèse, j’ai passé un an à la bibliothèque universitaire, tous les jours, de 10 h à 19 h 30 pour avoir une connaissance approfondie de mon sujet. Ce dernier traite de la place du département en France, je l’ai choisi deux semaines avant que la machine politique ne se lance à ce sujet et qu’on en parle dans tous les médias. C’est une chance pour moi : ça me donne du grain à moudre, même si c’est aussi une pression supplémentaire.

J’ai la chance de pouvoir bénéficier d’une allocation ministérielle. Il y a, aujourd’hui, une pression évidente, de la part du Ministère pour que la durée de la thèse ne dépasse pas trois ans. Je peux le comprendre, mais en même temps on nous demande de plus en plus de donner des cours à côté, dans des disciplines que nous ne maîtrisons pas forcément à la perfection… C’est parfois paradoxal.

Pour être honnête, il y a une grande question qui accompagne ma thèse à intervalles réguliers : qu’est ce que je vais faire après ? Peut-être continuer dans le monde de la recherche, devenir enseignant-chercheur. Ou bien trouver un poste en lien avec mon sujet de thèse…

La rédaction de la thèse est un moment douloureux parce que ça signifie que le travail de recherche est terminé. Pour beaucoup de doctorants en fin de thèse, la phase d’écriture est ressentie comme un accouchement, sans péridurale. C’est douloureux, mais on en sort très heureux. Après l’accouchement, les gens se penchent sur le berceau pour observer le résultat. J’espère juste que mon « bébé » ne restera pas à moisir sur une étagère d’une bibliothèque universitaire…»