

Julien Troiville, 23 ans, avait opté pour un IUT après l’obtention de son bac, « de peur de ne pas être assez discipliné pour la fac ». Aujourd’hui, il est en première année de thèse et s’imagine, plus tard, maître de conférences.
« La vie des doctorants intrigue. J’ai même l’impression qu’en France, on aime faire planer un certain mystère autour de la recherche. Beaucoup d’amis me demandent ce que je fais, concrètement, de mes journées. Comment j’arrive à me discipliner sur un travail aussi long. Je leur réponds que je travaille de chez moi la plupart du temps, ou à la Bibliothèque universitaire, et que je lis énormément ! Je travaille par thématiques, en me fixant des deadlines. Il peut m’arriver de travailler plusieurs semaines d’affilée, nuit et jour, tout comme je peux ne pas ouvrir un livre pendant un certain temps. C’est ça la liberté du doctorant. Une liberté agréable mais parfois stressante.
Je considère vraiment ces trois années de recherche comme mon premier boulot, un CDD de trois ans. J’ai eu la chance d’obtenir une bourse - les étudiants en gestion qui choisissent la recherche n’étant pas nombreux – et je touche donc 1 300 € par mois, plus environ 200 € par mois pour les cours que je donne à l’IGR. C’est une situation très confortable par rapport à d’autres doctorants.
Ce qui me plaît, dans la gestion, c’est le fait d’être dans le concret. Mon sujet de thèse s’intéresse aux marques des distributeurs, les fameuses MDD, que toute personne fréquentant un supermarché connaît. Ca parle aux gens, et pour moi, c’est hyper-important. L’idéal serait que certaines recommandations faites dans ma thèse puissent être mises en place par les distributeurs. Ces derniers sont avides de connaître le travail des chercheurs.
Pour éviter l’écueil de la solitude, que connaissent beaucoup de doctorants, nous venons de créer une association à l’IGR, « IGR Sigma ». Le but est de créer un dynamisme entre doctorants, s’aider, se motiver, être plus efficace, partager des conseils…
Personnellement, j’ai un peu de mal à me retrouver entre l’Université de Rennes 1, l’IGR, l’Université européenne de Bretagne, l’Ecole doctorale SHOS ou le Collège doctoral international. Le système universitaire français n’est vraiment pas évident !
A l’école, je n’ai jamais été brillant. J’ai toujours détesté le par cœur. J’ai décroché mon Bac S avec 12 de moyenne, et j’ai intégré l’IUT de GEA de Rennes. Je ne savais pas du tout ce que je voulais faire de ma vie… Après l’IUT, j’ai rejoint l’IGR en Licence, puis je suis parti à Cork, en Irlande, pour mon Master 1. C’est là que j’ai commencé à m’intéresser à la recherche. J’ai postulé pour l’obtention d’une bourse, que j’ai eue, et puis voilà ! Après ma thèse, je n’ai qu’une envie : devenir maître de conférences. Un métier passionnant, qui me permettrait de continuer à avoir un pied dans l’enseignement, un pied dans la recherche. Une situation qui me va à merveille ! »