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Les 8 écoles doctorales

Ecole Doctorale EDSM

Edouard Lavergne, 29 ans, doctorant EDSM. En deuxième année de thèse, en Biologie.

Edouard Lavergne, doctorant IUEMLe poisson qu’étudie Edouard Lavergne l’amène régulièrement à voyager à Socotra, une île au sud du Yémen. Ce n’est pas un problème pour ce Bordelais d’origine, qui a étudié au Pays-de-Galles puis en Allemagne grâce à une bourse de mobilité du Collège Doctoral International (Université européenne de Bretagne).

« Ma thèse se concentre sur le peuplement ichtyologique des estuaires de Socotra (Yemen), et en particulier la génétique des populations et la sclérochronologie de la perche-tigre Terapon jarbua (Forsskål, 1775). A travers l’étude des otolithes, pièces calcifiées de l’oreille interne des poissons, j’essaie de déterminer l’âge et la croissance de T. jarbua, un peu de la même manière qu’en comptant les stries d’un tronc d’arbre coupé. Je procède également à des analyses chimiques dans le but d’étudier les traits de vie (migrations…) de cette espèce afin de comprendre l’importance de ces habitats estuariens en milieu insulaire.

Avant de m’installer pour travailler en Allemagne, j’ai fait trois ans de Biologie à l’Université Bordeaux 1, puis une maîtrise dans le cadre du programme d’échange européen Erasmus que j’ai réalisée à l’Université de Swansea, au Pays-de-Galles. Cette expérience des plus enrichissantes m’a convaincu de rester une année de plus au Pays-de-Galles pour obtenir un Master of Science en Biologie environnementale à l’époque des derniers DEA en 2003.

Mon retour en France avec un master fut plus difficile que prévu. Je suis donc parti à l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer pour obtenir un Diplôme universitaire (DU) en Sciences naturelles avant de recevoir, en 2005, un appel du Dr. Friedhelm Krupp, Curateur de la section d’ichtyologie du Museum d’Histoire Naturelle Senckeneberg de Francfort pour co-organiser et participer à une expédition au Yémen. Tout en travaillant pour le Museum, j’ai développé mon sujet de thèse et me voilà aujourd’hui à l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM) dans le cadre d’une cotutelle de thèse avec le Centre de Recherche pour la Biodiversité et le Climat BiK-F et le Museum Senckenberg, pour lequel je suis toujours salarié grâce au financement de la Fondation Total que j’ai obtenu.

L’enseignement et la recherche sont deux domaines qui me plaisent beaucoup et c’est vers cela que je souhaite m’orienter après ma thèse. Mais je ne néglige pas pour autant d’autres opportunités. En effet, j’ai déjà travaillé dans le privé pour le maintien des normes environnementales ISO 14001, pour faire des études d’impacts environnementaux ou pour participer à la gestion intégrée des zones côtières lors de mes nombreux séjours au Yémen.

Lorsque j’ai dit à mes parents que je souhaitais faire de la recherche en biologie marine à l’âge de 11 ans, cela ne les a pas beaucoup surpris et ils m’ont toujours soutenu dans mes projets. Cependant pour beaucoup de personnes, je suis encore à l’école. La thèse est pourtant un travail à part entière, le doctorant se forme à la recherche par la recherche, gère un budget, son temps, des rendez-vous avec des experts de différents domaines afin d’atteindre ses objectifs, tout comme un pro ! Il est vrai que nous avons un statut spécial à la fois salariés et étudiant (la carte étudiants c’est bien pour les réductions).

Nous devons changer l’image des doctorants et docteurs auprès du grand public et du monde professionnel, un travail que j'essaie de faire avec toute l’équipe de MerSciDoc l’association des doctorants de la mer. Aujourd’hui, pour un jeune docteur, obtenir un CDD de 2 ans c’est le jackpot, presque une fin en soi. Mon expérience à l’étranger me permet d’envisager des perspectives d’avenir plus larges, pourtant je souhaite revenir vivre et travailler en France avec mon épouse japonaise. »