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Christine Paul-Roth, Maître de conférences à l'INSA et Areej Mehri, doctorante

« La collaboration Bretagne-Saxe est bien encouragée »

Christine Paul-Roth, Maître de conférences à l’INSA de Rennes, collabore depuis 2010 avec des chercheurs saxons. Retour sur sa dernière mission à Chemnitz où elle s’est rendue avec sa doctorante INSA, Areej Merhi.

Lire l'interview de Christine Paul-Roth

A quand remonte votre collaboration avec les Saxons ?
Cette collaboration remonte à l’année dernière lors du congrès GCSD’2010 organisé par l’UEB à l’Ecole de chimie ENSCR. C’est lors de ce colloque que je fis la rencontre du Pr Zahn et du Pr Lang qui avaient tous deux réalisés une présentation de leur recherche. J’y ai moi-même exposé mes travaux. Suite à cela, le Pr Zahn m’a invitée à venir faire des mesures au sein de son laboratoire de physique à la Technische Universität de Chemnitz. Nous avons ensuite été contactées par l’UEB qui nous a proposé de soutenir notre projet et de nous financer un séjour en Saxe d’une semaine incluant le voyage aller-retour.

Quels étaient vos objectifs ?
Faire des mesures et des études Raman avec les appareillages de mesures de très haute technicité, en salle blanche. Nous avons vraiment apprécié l’encadrement précieux de nos collaborateurs allemands. Nous avons travaillé toute la semaine avec le Dr Ovidio Dorin Gordon, chercheur post doctoral. Nous avons également eu la chance de réaliser certaines études avec Michael Ludemann, doctorant en physique. Ce fut vraiment productif de pouvoir travailler, ensemble, sur nos nouveaux matériaux, à base de porphyrine,  élaborés préalablement à  Rennes. J’ai pu également donner une conférence au département chimie qui s’inscrit dans le prolongement d’une conférence que j’ai donnée l’an dernier au sein du département de physique. La chimie et la physique sont en effet deux disciplines différentes mais complémentaires.

Votre collaboration avec les chercheurs allemands va-t-elle se prolonger ?
Le Pr Zahn, le Pr Lang et moi-même, avons monté un projet dans le cadre du Partenariat Hubert Curien PROCOPE* en vue d’obtenir des bourses de mobilité internationale. Nous souhaiterions que Areej Mehri, ma doctorante en 1ère année de thèse se rende en Saxe pour une durée d’un mois et que Carola Mende, doctorante du Pr Lang, vienne effectuer un séjour de 2/3 mois à Rennes au sein de notre laboratoire de chimie. La demande est déposée et démarrera -si nous l’obtenons- en janvier 2012  pour une durée de deux ans. Il y aura un échange de doctorants mais aussi d’encadrants. Des chercheurs saxons viendront donner des conférences en Bretagne et des chercheurs français en feront de même en Saxe. Pour ma part, j’ai déjà eu la chance de pouvoir réaliser deux fois cette expérience, c’est pourquoi j’encourage d’autres chercheurs de mon équipe déjà impliqués dans le projet à participer à cette collaboration.

D’autres projets sont en cours ?
Dans le cas où la bourse PROCOPE* nous serait accordée, nous souhaiterions par la suite, demander une bourse Région, pour bénéficier de thèses en cotutelle. Une thèse financée par la bourse Région de moitié, et par la Saxe de l’autre. Ce serait une opportunité formidable pour un doctorant de pouvoir effectuer sa thèse entre l’Allemagne et la France. Il est vrai que la collaboration Bretagne-Saxe est bien encouragée et nous aimerions nous inscrire dans cette dynamique.

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*PROCOPE
: Partenariat Hubert Curien (PHC) franco-allemand. Il est mis en œuvre en Allemagne par le Deutscher Akademischer Austauschdienst (DAAD) et en France par le Ministère des Affaires étrangères et européennes (MAEE) et le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR). Objectif : développer les échanges scientifiques et technologiques d'excellence entre les laboratoires de recherche des deux pays, en favorisant les nouvelles coopérations.

« Cet échange m’a permis d’accroître mes connaissances scientifiques et d’enrichir mon patrimoine culturel »

Areej Merhi, doctorante en 1ère année de thèse en chimie à l’INSA de Rennes, a profité de la collaboration engagée entre la Bretagne et la Saxe pour se rendre en Allemagne en février dernier à la Technische Universität (TU) de Chemnitz, et a pu consolider ses travaux de thèse avec des chercheurs et doctorants saxons. Elle nous rapporte ses impressions…

 

Lire l'interview d'Areej Mehri

L’origine de cette collaboration ?
Christine Paul-Roth, Maître de Conférences en chimie à l’INSA de Rennes, ma directrice de thèse, a été à l’initiative de ce projet. Elle m’a fait part de son intention de se rendre en Saxe afin d’y réaliser des mesures et des études d’échantillons au sein du laboratoire de physique du Pr Zahn à la TU de Chemnitz. Il s’agissait en outre d’une collaboration avec des Professeurs et des doctorants saxons. J’ai tout de suite été très motivée par cette idée. Une opportunité qui me permet de consolider mes travaux scientifiques en appui à ma thèse. Avant le départ pour la Saxe, nous avons bâti un programme scientifique commun – préparation des échantillons à Rennes au sein de notre laboratoire.

Quel bilan faites-vous de cette mission en Saxe ?
Nous avons passé 5 jours en Allemagne au sein de ce qu’ils nomment «  la salle blanche » pour faire des mesures sur nos échantillons apportées de notre laboratoire rennais. Les spécialistes allemands nous ont beaucoup aidées pour effectuer ces mesures et aussi pour  l’interprétation des résultats obtenus. Ils sont équipés d’appareils Raman haute résolution. Le summum, c’est d’avoir le lien entre chimie et physique : utiliser des appareils de physique pour nous aider à  caractériser au mieux nos produits chimiques et nos travaux. Cette expérience de terrain en Allemagne m’a beaucoup appris, j’ai pu matériellement expérimenter mes travaux. J’ai pu également passer du temps avec des chimistes allemands et échanger, autant sur la recherche en elle-même que sur le fonctionnement du monde de la recherche et de l’enseignement supérieur allemand : à savoir la vie des doctorants, le déroulement des thèses…Cela m’a permis de comparer deux systèmes européens différents. J’ai eu la chance de pouvoir accroître mes connaissances scientifiques mais aussi, d’enrichir mon patrimoine culturel.  

Quelles sont les suites envisagées pour cette collaboration ?

C’est surtout Christine Paul-Roth qui continue à collaborer avec les chercheurs allemands, ils l’ont d’ailleurs récemment contactée pour lui transmettre les derniers résultats obtenus. Il était question, avant ce séjour, d’envisager une demande de Programme PROCOPE* afin de réaliser des mobilités de doctorants pour des périodes plus longues. Il est possible que nous accueillions prochainement un doctorant allemand au sein de notre laboratoire et, qu’un doctorant français se rende là-bas. Cela nous permettrait d’ouvrir la porte à une collaboration plus soutenue. J’aimerais avoir la chance d’y retourner pour une durée plus longue, où il ne s’agirait pas seulement de faire et d’analyser des mesures mais de mener à bien un projet depuis sa conception jusqu’à son aboutissement.

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*PROCOPE
: Partenariat Hubert Curien (PHC) franco-allemand. Il est mis en œuvre en Allemagne par le Deutscher Akademischer Austauschdienst (DAAD) et en France par le Ministère des Affaires étrangères et européennes (MAEE) et le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR). Objectif : développer les échanges scientifiques et technologiques d'excellence entre les laboratoires de recherche des deux pays, en favorisant les nouvelles coopérations.