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Maurice Baslé, vice-président Europe et international

" C’est le facteur humain qui joue dans la coopération scientifique "

Maurice Baslé, Vice président Europe et International de l’UEB, fait le point sur la collaboration Bretagne-Saxe, et sur le colloque GCSD’2011 en particulier.








Pourquoi avoir fait de la Saxe un partenaire privilégié ?

Tout d’abord parce que la Saxe est une région jumelée avc la Bretagne, fait émanant d’une volonté politique du Conseil régional de Bretagne, mais qui correspond aussi à des relations humaines fortes. C’est un évènement de l’enseignement supérieur et de la recherche, mais qui ne néglige pas les aspects d’échange autour de la coopération économique et commerciale, volet que nous n’avions pas l’an dernier. Les deux régions  fonctionnent également parce qu’elles ont le soutien de l’Université franco-allemande, qui a sélectionné et validé notre dossier.

Des ambitions communes ?
Deux régions différentes mais qui partagent le même effort pour l’attractivité dans l’adversité. Régions périphériques, où résident peu de sièges sociaux, et très peu accompagnées d’opérations financières de firmes multinationales. La Saxe fait preuve d’un fort dynamisme humain et économique et revient de loin (1989). Elle est, on peut le dire, un " modèle " pour les bretons qui veulent rendre leur région autant attractive. Deux régions non analogues mais qui possèdent aujourd’hui un fort potentiel, où le facteur humain et l’effort sans compter sont prépondérants des deux côtés.

Pourquoi une 2ème édition du GCSD ?
Nous avions bien en tête, dès le fondement du concept même de ces colloques franco-allemands, que plusieurs thématiques allaient être abordées. Nous avions commencé par traiter le thème de la " Chimie verte " car c’est autour de ce sujet que nous possédions les bases les plus solides. Cette thématique avait permis de réunir, autour de l’ENSCR et de la recherche en chimie, un grand nombre de partenaires saxons. C’est à la fin de ce colloque que nous avions choisi, d’un commun accord avec les vice-recteurs des 4 universités saxonnes, de nous fixer sur un prochain colloque en mettant à l’honneur les Sciences Humaines et Sociales.

Pourquoi les SHS cette année ?
Pour varier, mais c’était également et surtout un défi que nous nous sommes donnés : dire que la recherche en SHS peut coopérer entre quatre universités bretonnes, écoles et  associés et quatre universités saxonnes et écoles d’ingénieurs. Les chefs de file sont les saxons. Le point fort considérable de la thématique de cette année « Les espaces européens » se veut ouvert à pratiquement toutes les disciplines : géologie, histoire, géographie, mais aussi les sciences politiques, l’économie, le droit, la linguistique, les arts, la culture…Les allemands abordent les SHS d’une manière différente de la nôtre. Ils s’intéressent beaucoup à la culture, la culture étant une « super » discipline. Leur manière d’appréhender une thématique « territoire » est sans doute plus riche que le nôtre. Elle est, en tout cas, moins cloisonnée et régi autour de grandes thématiques pluridisciplinaires.

Quels sont les plus de ce GCSD’2011 ?
Il s’agit d’un colloque scientifique bilingue allemand-français. Les sessions sont mixtes : bretons-saxons, thématiques et non disciplinaires. Les doctorants y sont complètement intégrés, ce qui n’était pas le cas l’année dernière. Parmi les acteurs présents, nombreux sont germanophones et travaillent déjà sur des sujets comparatifs France-Allemagne. On a déjà ici des éléments de coopérations vivants, on ne part pas du point zéro. Nous en espérons d’autant plus de résultats, avec des retombées considérables pour nos deux écoles doctorales en SHS.

Quelles sont justement les retombées attendues ?
Nous attendons des retombées en termes d’articles : co-publication, mais aussi des thèses en cotutelle : marque d’un effort de coopération à moyen et long terme. Et, également des invitations de professeurs : échanges de mobilité d’enseignants-chercheurs. Il y avait déjà eu ce type de retombées suite au colloque " Chimie verte " de l’an passé. Il existe aujourd’hui une réelle continuité de coopérations scientifiques renforcées entre une douzaine d’acteurs bretons et une dizaine d’acteurs saxons mobilisés. Ces rencontres physiques avec changement et alternance Bretagne-Saxe, sont des moments privilégiés de relations humaines : c’est le facteur humain qui joue dans la coopération scientifique.